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Stüde – Bienenbüttel, (76,9km) 8 h 37


Le réveil de la nuit passée dans la "boîte à chaussures" taille 36 s'est bien passée, la nuit fut bonne aussi. La promiscuité avec Sigrid ne fut pas de tout repos surtout quand elle m'avait réveillé la veille dans l'après-midi pour me dire d'aller manger et je l'ai envoyée se promener car le repas n'était qu'une heure plus tard. Elle n'a pas arrêté de tousser pendant la nuit, mais elle n'est pas la seule, beaucoup de coureurs et d'accompagnateurs sont pris par de gros rhumes ou de belles bronchites.

Le départ de cette étape, où nous allions passer les 2000 km au km 15, s'est effectué progressivement, chacun mettant plusieurs minutes avant de retrouver une aisance de course "normale". Nous avons commencé par les 1200 derniers mètres de la veille, du canal de l'Elbe à la salle, mais en sens inverse, et lorsque nous avons rejoint à nouveau le canal, on savait que cela allait durer 70km !

Donc, pas de description du canal, j'ai passé plus de temps à regarder le chemin de gravillons ou de terre et le bout de mes chaussures qu'à admirer le paysage. J'ai au moins effectué une dizaine d'arrêts si ce n'est plus afin de retirer ces petits cailloux qui s'introduisaient dans les chaussures et qui risquaient de me blesser (ampoules) si je les laissais trop longtemps.

J'ai vu des péniches, des grosses (barges), dans les deux sens, transportant du minerais ou d'autres denrées industrielles.


Il n'y avait qu'une écluse que nous avons dû contourner l'espace d'un kilomètre, et plusieurs petits ports avec des bateaux de plaisance. Nous avons pu aussi croiser ces derniers en promenades sur le canal avec des personnes en train de bronzer sur le pont. Il a fait beau, heureusement qu'il n'a pas fait trop chaud avec un petit vent bien agréable rarement défavorable. L'orientation du tracé du canal (vers le nord) nous a procuré un peu d'ombre grâce aux arbres le bordant.

Je suis arrivé avec Takako, la coureuse japonaise avec qui je suis au coude à coude au classement. Mais on a fait un pacte de non agression, je fais mes étapes en partant plus vite qu'elle et elle me rattrape à la fin. Nous sommes bien calés aux 19ème et 20ème places, avec les coureurs de devant à 7h et ceux de derrière avec à peu près le même retard. Aujourd'hui, le duo suédois a souffert, surtout Andréas que Mattias a attendu toute l'étape en raison d'une blessure à une jambe. Espérons pour lui que demain tout rentrera dans l'ordre et que j'aurai le plaisir de courir avec eux.


Je suis en pleine forme, le physique va bien, pas de douleurs sauf une ampoule difficile à soigner quand il y a des cailloux toute la journée mais qui devrait cicatriser dans les prochaines 48h. Le moral est bon, même si aujourd'hui je me suis demandé quel plaisir on pouvait trouver à courir le long d'un canal pendant des km et des km. Vivement mon bon vieux bitume !

Demain, étape de 69,5km "seulement" où j'espère continuer sur ma lancée avec une vitesse de course assez agréable.


Hier soir, un vendeur de glaces est venu devant la salle (la boîte à chaussure taille 36) et j'en avais profité pour me faire un petit plaisir : une glace à 4 boules (2,40€)! Ce soir, le restaurant d'à côté en vendait aussi au même prix : je n'en ai pris que trois, mais c'était tellement bon !

Le must serait d'avoir des crêpes, mais là, il ne faut pas trop rêver. A la place on a de la goulash que je commence à ne plus supporter, heureusement qu'après ma course je suis allé dans le camion de Nicole et Gérard me restaurer avec nos aliments personnels que Nicole s'occupe d'acheter avant qu'on ne soit arrivés.


à+Fab****


Arrêt p'tit dèj ?
Non, soupe chaude au 5ème ravitaillement !

Gebhardshagen - Stüde (70 , km)  7 h 49

Vous n'aurez pas ce soir un CR "made in Fab" car il n'a pas pu se connecter sur secteur  : il n'y avait pas de prises disponibles. Et oui cela arrive !

Les conditions d'hébergement pour cette nuit sont assez spartiates : la salle est minuscule (Stéphane et Fab ont dû se dépécher à leur arrivée pour se trouver une place dans (je cite) "cette boîte à chaussure", les douches étaient froides (Roger et Alain ne sont pas douchés. Roger ne voulait pas que sa bronchite s'aggrave!)

La journée fut bonne malgré les longues lignes droites (Fab préfère quand il y a du relief) et les 19 derniers kilomètres le long du canal de l'Elbe et son chemin caillouteux. Heureusement qu'il y a un peu d'herbe au milieu pour pouvoir soulager les pieds ! Le pire c'est que la course va continuer ce chemin pendant 70 km demain...

Côté bobos, Fab compte ce soir une ampoule de plus ! (Il pense que ce sont les gravillons des 19 derniers km). Le moral est là.

Au repas (pris à 17 h 30 !) Ingo a fait un discours de rappel des règles de sécurité et a menacé de disqualifier tous ceux et toutes celles qui ne les respecteraient pas !


René le long du canal de l'Elbe

Ebergötzen – Gebhardshagen  (76,7km)  8 h 44


Aujourd'hui, j'ai couru ma 100ème étape en course "Multidays" : 4 TG (= 72) + 28 (TEFR).

C'est anecdotique, mais ça montre le chemin parcouru depuis mon premier départ de Roscoff, où tout ému j'avais versé quelques larmes dans la Manche peu avant de prendre le départ de ma 1ère TG.


L'étape du jour avait un profil qui s'annonçait vallonné; il n'en fut rien mises à part deux ou trois grimpettes de rien du tout, en tout cas pas de quoi amuser un Fab qui adore attaquer dans les côtes.

Mais la journée s'est quand même bien passée. J'ai tourné entre 9 et 9,5 km/h pendant plus de 6 heures puis quand j'ai vu que j'avais bien avancé j'ai pensé aux jours qui vont suivre et j'ai terminé en "roue libre" si l'on peut dire.

Le paysage n'est pas très varié, composé toujours de ses champs de céréales, de colza ou en herbe, ses collines boisées, ses routes serpentant entre les vallons, quoiqu'aujourd'hui nous ayons surtout eu quelques grandes lignes droites. Les villages semblent avoir peu à peu changé en quelques jours, ils ont un aspect légèrement différent bien qu'en ne faisant que les traverser on ne puisse pas vraiment se rendre compte de la réalité de l'impression. Quoiqu'il en soit, j'ai remarqué plus de villages-rues que de bourgs agglomérés autour de leur église et autres bâtiments historiques.


Ce matin, deux coureurs n'ont pas pris le départ, deux Allemands : Hans et Théo. Hans, j'ai couru avec lui la TG et cela m'a fait très mal au coeur de le voir baisser pavillon sur panne mentale. Il n'en pouvait plus et quand le mental ne veut plus, le corps dit non aussi. Théo a sans doute payé ses étapes "euphoriques" lors de la traversée de la Bavière, sa région, où il fut souvent accompagné de copains de club et accueilli à chaque poste de ravitaillement. Mais ça, sur le coup c'est "magique", mais les lendemains peuvent s'avérer très difficiles surtout lorsque vous combinez ça avec une forte gastro entérite.

Du coup, je gagne deux places au général, mais ma camarade japonnaise s'est bien amusée à son tour à me repousser un peu plus loin alors que je n'étais revenu hier qu'à moins de 5'.

Pas grave, ce n'est pas Takako que je veux battre, c'est le Cap Nord que je veux atteindre.


à+Fab****


Voilà une belle tablée !


Une petite galerie de photos sur les "petits bobos" de la TE !


















Waldkappel – Ebergötzen (68,0km) 7 h 35


Quand la pluie a cessé (tiens c'est drôle, ça me rappelle un CR d'il y a peu) je me suis dit qu'on avait décidément beaucoup de chance pour l'instant car avec ce qu'il tombait encore à 5h au moment du petit déjeuner, on avait tous préparé les éventuels imperméables et autres ponchos.

Le mien, je l'ai glissé dans la manche de mon coupe-vent afin de le sortir dès qu'il se remettrait à pleuvoir.

L'étape est partie doucement, comme il est de coutume depuis quelques temps maintenant, sauf Hiroko la japonaise qui a démarré dès la fin du décompte fait par Ingo (en anglais : 10, 9, 8, 7, ...3, 2, 1, GO !). Elle ne veut pas partir avec l'autre groupe car ça lui déplaît de ne pas faire la course en tête.


Hiroko


Au bout de 2km, on ne la voyait déjà plus. Les autres, une dizaine de coureurs, sont restés groupés à quelques dizaines de mètres devant moi pendant un bon moment, puis les premières côtes sont arrivées et j'ai décidé de me faire plaisir tout en me testant. J'avais repéré qu'il allait s'agir d'une étape avec du relief, donc des côtes et des descentes à répétition. J'ai remonté tout le monde au train dans les côtes et je me suis retrouvé en tête de ce groupe, non sans avoir eu du mal à dépasser Eiolff le norvégien qui ne supporte pas qu'un "sans grade" lui passe devant, mais sur le coup, il n'a pas pu suivre surtout quand, une fois passé devant lui, j'en ai remis une petite couche, histoire de le calmer. Je dépassais aussi Janne, le finlandais vainqueur de la Transe Gaule 2005. Dans les descentes, j'assurai aussi, mes pieds ne me faisant pas mal, et je conservais mon avance, certes de quelques centaines de mètres seulement, mais ça fait toujours plaisir.

Bon, comme j'étais le seul poursuivant d'Hiroko que je n'apercevais pas, même dans les rares lignes droites qu'on pouvait rencontrer, j'ai continué à mon rythme. Mes temps de passages n'étaient pourtant pas extraordinaires, 9,5km/h de moyenne au km 10, puis 9,3 aux 20ème et 30ème, puis 9,2 au 45ème. C'est là que je me suis dit qu'il fallait penser maintenant à l'étape de demain et je décidai donc de relâcher mon effort, surtout que je sentais aussi le groupe de poursuivants revenir sur mes talons au prix de ravitaillements beaucoup plus courts que les miens. Ainsi, au poste de ravitaillement N°5 (km 45,5) où je fis une pause "soupe chaude" de près de 5', je me fis rattraper par plusieurs de mes poursuivants qui repartirent des stands avant moi.

Je les ai gardés à vue pendant plusieurs km avant qu'ils ne me lâchent irrémédiablement au fil des minutes.

Mais j'étais content, j'avais vu qu'à J+27 j'étais encore capable de monter en pulsations cardiaques et une journée comme celle-là ne peut qu'être bénéfique pour la suite (ça, c'est ma théorie, certainement contraire à celle de beaucoup, mais qui ne tente rien ne peut pas savoir).


Au final, je termine à une moyenne de près de 9km/h, dans les 20 premiers, et je n'ai pas de bobos.


Un stand de vente de saucisses grillées et de gaufres, sans oublier les bières, était installé par le club sportif local, et je m'y suis restauré après une bonne douche et une petite lessive (petite, car le temps a tourné à la pluie lors du dernier quart d'heure de course et je ne savais pas où étendre mon linge).

A 15h15, j'ai passé mon IRM (du mollet aujourd'hui) afin de voir les pertes en graisses et d'autres modifications depuis le départ.

Après, je suis allé dans le village trouver une superette et refaire le plein de matériel de lavage ainsi que de nourriture.


Voilà, tout va bien, ce soir j'ai déjà parcouru 1838,4km (sans compter les nombreux détours ou erreurs de parcours) en 213h15' environ.

Je ne suis pas usé ni mentalement ni physiquement, alors quoi d'autre ? Pourvu que ça dure.

Demain ça sera une autre histoire, 76,7km.

à+Fab****

 

 

Superbes  champs de colza....

"C'était beau et ça sentait bon ! " (cf Fab)

 

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