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19 avril 2009 - 11 juin 2009

Imaginez 54 jours pendant lesquels quotidiennement vous avez à parcourir en moyenne 70km en courant sur des routes sur lesquelles au fil du temps vous vous êtes usés tant physiquement - on le serait à moins - que mentalement, sur des routes qui se sont peu à peu désertifiées depuis les voies à (trop) grande circulation italiennes jusqu'aux longues et interminables routes traversant des régions "vides d'hommes" en Suède, en passant par la montagneuse Autriche et la buccolique Allemagne rurale, sur des routes où la cible à atteindre n'était pas systématiquement un lieu de repos optimal pour se préparer aux efforts du jour suivant, sur des routes qui ont progressivement raboté vos chaussures et élimé vos tenues, sur des routes où le soleil a alterné avec la pluie et le vent, où le printemps qui avait entrepris de faire la course avec vous s'est peu à peu essoufflé pour laisser la place à ce qui ressemble à l'hiver - au mois de juin, c'est peu banal dans notre hémisphère nord - que vous avez rattrapé un peu trop rapidement malgré vos moyennes qui chutaient de jour en jour...
Au 55ème jour, le vendredi 12 juin 2009, vous vous retrouvez à l'hôpital opéré en urgence.
Votre course s'arrête après 3764,8km et 448h11'12.

12 juin 2009 - 4 août 2009

Imaginez 54 jours dont le premier s'est passé dans un hôpital suédois, 54 jours pendant lesquels vous n'avez pas pu déguster un seul instant de ce festin inachevé, 54 jours à passer de cabinets médicaux en cabinets de soins infirmiers, de laboratoires d'analyses en centre de radiologie ou autres cabinets de kiné ou ostéo, 54 jours au bout desquels vous avez espéré reprendre la course comme "avant", c'est à dire sans douleurs et à l'allure à laquelle vous couriez avant la TransEurope...
Votre reprise va peut-être s'arrêter après 284,6km et 34h09' .

Au 55ème jour, aujourd'hui mercredi 5 août 2009, vous allez passer une visite à la Clinique de la Main en ayant très peur de ce qu'on va peut-être vous annoncer...

à+Fab****

De retour de la Clinique de la Main.

ALGODYSTROPHIE ! Voilà l'évolution de ma blessure. Plus de renseignements ici . Mais en quelques lignes ça donne ça (j'ai copié-collé) :

 

L’algodystrophie (ou syndrome douloureux régional complexe de type 1, SDRC 1) est une complication imprévisible qui peut survenir après n’importe quel traumatisme de la main ou du poignet, même mineur, et après n'importe quelle intervention chirurgicale sur la main, même mineure. 

Sa fréquence de survenue après une intervention chirurgicale, mal connue, est très variable ; ainsi, après une intervention pour maladie de Dupuytren, elle est estimée à 10% des cas chez l’homme, et 30% des cas chez la femme.

On sait que l’algodystrophie fait intervenir le système nerveux sympathique, mais en fait, on ignore sa cause, ce qui explique que son traitement n’est pas encore strictement codifié.


LES SIGNES de l’algodystrophie de la main sont appréciés par rapport à la main saine. Ils évoluent dans le temps. Ils associent d’une façon inconstante et variable :

  1. Une douleur, qui débute souvent de façon brutale après un intervalle libre de quelques jours à quelques semaines après l’intervention. Cette douleur est diffuse, dans un territoire qui n’est pas celui des nerfs sensitifs. Elle est profonde, et touche les articulations des doigts. Elle est souvent à type de brûlures ou de décharges électriques, et elle augmente à la moindre stimulation, au chaud ou au froid, aux émotions, aux mouvements. Certains cas d’algodystrophie sont cependant indolores.

  2. Une impotence fonctionnelle de la main, avec une réduction de la mobilité articulaire, qui est due à la douleur au début, mais qui comporte secondairement un risque d’enraidissement articulaire.

  3. Des modifications de la peau et des tissus mous, avec

 

Un œdème de la main, qui gonfle

 

Des troubles de la coloration de la peau, qui peut être rouge, ou pâle ou légèrement bleutée

 

Des troubles de la température de la peau, avec une main chaude ou froide

 

Des troubles de la sudation, à type d’excès de transpiration (hyperidrose) puis de sécheresse de la peau (anidrose)

 

Des troubles trophiques de la peau (atrophie cutanée ou graisseuse), des ongles, des poils (hypertrichose au début, puis disparition des poils).



La radiographie de la main peut montrer des signes d’ostéoporose et de déminéralisation des os de la main. En fait, elle est inutile au diagnostic précoce, car ces signes sont inconstants et, lorsqu’ils existent, ils n’apparaissent que de façon tardive.


La scintigraphie osseuse de la main  est l’examen complémentaire le plus utile pour confirmer précocement le diagnostic d’algodystrophie. Cet examen consiste à injecter dans une veine du pli du coude un produit radioactif (contenant du technétium) qui se fixe sur les os. Les mains sont alors photographiées par une gamma-caméra spéciale, en 3 temps : d’abord au moment de l’injection (pour étudier la vascularisation), puis dans les minutes qui suivent (pour étudier les tissus mous), puis quelques heures après (pour étudier les os). En cas d’algodystrophie, la main atteinte fixe plus de produit radioactif que la main saine.



LE TRAITEMENT de l’algodystrophie semble d’autant plus efficace qu’il est entrepris précocement. Il n’est pas strictement codifié, et peut faire appel aux médicaments et aux techniques de la rééducation.

1. Parmi les médicaments habituellement utilisables, il faut citer :

 

Antalgiques

 

Anxiolytiques

 

Antidépresseurs

 

Corticoïdes

 

Alpha-bloquants (guanéthidine, utilisée selon la technique du bloc régional intraveineux)

 

Vasodilatateurs (buflomedil, utilisé selon la technique du bloc régional intraveineux)

 

Béta-bloquants

 

Biphosphonates

 

NB. la Calcitonine injectable n'a plus d'AMM dans cette indication


2. La rééducation a pour but d’éviter les enraidissements articulaires. Le principe de base est d’entretenir la mobilité des articulations sans entraîner de douleurs ni augmenter celle qui existe. De nombreux moyens sont utilisables pour cela :

 

Bains alternés ou « écossais » (chaud et froid)

 

Thermothérapie par le chaud (infrarouges, paraffine) et le froid (eau glacée)

 

Électrothérapie (basses fréquences, ionisations)

 

Pressothérapie

 

Massages et mobilisations articulaires douces

 

Ergothérapie

 

Orthèses de repos et orthèses dynamiques

 

Mise en charge active progressive du membre supérieur (brossage, port de charges)

L‘ÉVOLUTION  de la maladie dure plusieurs mois. 

Dans 60 à 75% des cas elle peut disparaître sans séquelles en 6 à 12 mois. 

 Dans 25 à 40% des cas, elle peut durer plus longtemps (jusqu’à 2 ans), et laisser des séquelles définitives à type de raideurs articulaires, de perte de force, et/ou de douleurs.

 


En fait, 54 jours, ce n'est pas grand chose quand on voit le long chemin qu'il me reste à parcourir pour une totale (mais hypothétique) guérison. Du moment que ça ne m'empêche pas de courir et de participer aux compétitions d'ultra que je préfère ! Mon planning "médical" se remplit :


Scintigraphie (18/08)

Séances de rééducation par un kiné (août + septembre)

Consultation chez l'algologue (08/09)

Nouvelle consultation à la Clinique de la main (08/09)

 

Il va falloir réussir à caser des entraînements là dedans ! Mais j'y arriverai ...

à+Fab****


Quel bonheur, quelle émotion de revoir plusieurs coureurs et coureuses des différentes Transe Gaule que j'ai faites et surtout de revoir Gérard Denis (qui a fait la TransEurope jusqu'au bout), Nicole sa femme qui l'a (nous a) accompagné(s) de l'Italie jusqu'à la Norvège (la Suède pour moi) et aussi de revoir Jean Benoît, l'instigateur de ce rendez-vous festif et sportif de ce week-end breton. Je n'oublie pas non plus le rôle important joué par les amis de Gérard et Nicole dans la réussite de ces deux jours.


Le principe de cette "course off" était le même que celui de la Transe Gaule : deux étapes "seulement", hébergement la veille au gymnase de Roscoff, le premier soir au gymnase de Brasparts et possibilité de dormir au camping le second soir. Les ravitaillements étaient assurés tous les 20km environ, le petit-déjeuner fourni les deux matins, le parcours fléché comme sur la TG ou sur la TE-FR... Mais pas de dossard, pas de chronométrage officiel, même si beaucoup de coureurs ont quand même pris leurs temps, de la bonne humeur même si la météo n'était pas de la partie ...


De toute façon, pour que l'hommage à Gérard Denis pour sa réussite sur la TransEurope soit total, il fallait bien que les conditions météo ressemblent un peu à celles que nous avons connues sur la Suède et au-delà, sinon ça n'aurait pas été aussi drôle !


N'ayant repris la "course" que depuis le 3 juillet de manière laborieuse et douloureuse, à des moyennes effarantes comprises entre 6,5 et 8,7 km/h, avec une autonomie de 1h15' maximum, je me suis quand même décidé à faire partie de la fête et de prendre le départ depuis Roscoff en espérant atteindre au pire Saint-Pol de Léon.


Ce ne fut pas facile, mais j'ai pris tellement de départs du pied du phare de Roscoff depuis 2005 que je ne voulais à aucun prix rater ce nouveau grand moment, émotionnellement parlant. J'avais hésité à venir me joindre à toute la joyeuse équipée, ayant peur de ne pas pouvoir retenir mon émotion ou mes sentiments, mais j'ai pris sur moi et aujourd'hui je ne le regrette pas.


Donc le départ fut donné un peu avant 9 heures, et j'ai vite senti que ça allait être très douloureux physiquement, mon bassin, mon quadriceps et mon psoas gauche me torturant à chaque foulée. Mais j'ai appris depuis 5 ans à serrer les dents, c'est ce que j'ai fait jusqu'au départ réel situé 6km plus loin à St Pol de Léon (sur la ligne de départ du semi-marathon St Pol - Morlaix).


Une fois rendu là, j'étais un peu largué mais pas dernier car certains avaient profité de ce prologue pour prendre des photos et marcher ou trottiner lentement pour me tenir compagnie aussi.

Le départ réel fut donné à 9h45 environ et tout le peloton se mit en route sur le tracé du début de la Transe Gaule. A tour de rôle des coureurs et coureuses sont restés avec moi à l'arrière pendant que les autres couraient à leur rythme. Il ne faisait pas très beau, la pluie arriva même au bout de quelques kilomètres accompagnée d'un vent soutenu parfois fortement contraire. Au fil des kilomètres, je sentais la douleur s'accroître et je décidai d'aller au moins jusqu'à Penzé (km16) puis de voir si j'aurais assez de ressources pour continuer jusqu'au premier ravitaillement (km 22,2).


Les 6 derniers kilomètres furent extrèmement difficiles et je n'eus aucun regret à arrêter là.


Pascale m'emmena jusqu'au poste de ravitaillement N°2 qu'elle devait assurer avec la femme d'un coureur.

Je pus me rendre compte de ce que c'est que d'être aux petits soins des coureurs d'ultra et à chaque fois que je voyais arriver l'un d'eux, j'avais un petit pincement au coeur de n'être pas à sa place ou avec lui. Mais ça me faisait tellement plaisir de les voir arriver puis repartir regonflés à bloc par le ravitaillement malgré la météo humide ! Cette course avait aussi donné l'occasion à certains couples de bénévoles ou aux conjoints de coureurs de faire l'étape en relais avec eux et donc de participer concrètement à la fête. Certains décidaient de faire les premiers 42 km puis de laisser leur femme terminer l'étape; d'autres avaient opté pour une alternance tous les 5 ou 6 km, l'autre conduisant le véhicule jusqu'au relais suivant. Certains autres coureurs étaient venus pour découvrir le principe des courses à étapes, d'autres pour préparer la Mil'Kil, d'autres pour faire un peu de long...


Quand le dernier coureur fut passé au ravitaillement, nous avons tout rangé et nous sommes partis en direction de Brasparts où se situait l'arrivée de cette première étape de 58km. J'ai pu voir, au fur et à mesure que nous les doublions, tous les courageux bravant le vent et la flotte. Je ne pouvais hélas poursuivre la route avec eux ou comme eux mais j'étais bien content d'avoir pu courir plus de 20 km (22,2km au total, en 2h53'), ce qui me semblait impossible le matin même avant le départ de Roscoff.


Ce qui m'a beaucoup touché, ce sont toutes les marques de sollicitude de la part de des personnes présentes et je fus encore plus ému quand je fus moi aussi félicité pour ma TransEurope et quand Jean-Benoît m'offrit en cadeau un exemplaire de la saga des pédestrians "Les géants de la course à pied" qu'il m'a dédicacé.


La petite soirée qui suivit fut très conviviale car permettant de discuter avec tout le monde, chose qu'on n'a pas beaucoup l'occasion ni le temps de faire sur la Transe Gaule, récupération oblige. On a aussi pu goûter les produits du terroir apportés par certains (le vin de noix de Laurent par exemple, et que je salue au passage pour sa bonne humeur contagieuse).


Enfin, il fallait quand même penser à l'étape N°2 du dimanche et à ses 63,2km. Dans ma tête, j'avais le fol espoir de pouvoir la faire en entier, mais beaucoup m'ont conseillé de faire très attention, de ne pas prendre de risques, de bien me reposer afin de guérir mes douleurs au bassin et que j'aurai le temps de courir d'autres longues distances plus tard. Ils connaissaient le désarroi dans lequel je m'étais trouvé (et dans lequel je me trouvais encore un peu) pour me suggérer de continuer à être raisonnable et prudent. Mais l'ultra est-il raisonnable ?

La nuit fut animée car certains ont fait la fête un peu plus tard que d'autres, mais nous avons pu bien nous reposer.


Au réveil, je me suis rendu compte que je ne souffrais pas plus que les autres matins et je me suis préparé comme si de rien n'était, afin de prendre le départ avec comme objectif d'atteindre le premier poste de ravitaillement puis d'arrêter là (km 20,4).


Quand l'étape fut lancée, je me suis senti "bien", c'est à dire que le niveau de douleur était acceptable. Je me suis dit, au bout de quelques kilomètres, que soit elle allait augmenter et donc que j'allais arrêter avant mon objectif, soit qu'elle allait diminuer et alors que je serai en mesure d'aller un peu plus loin que prévu.


Au premier ravitaillement, au km 20,4 donc, je suis arrivé, après 2h30' de course relativement peu douloureuse, avec des sensations assez agréables de ne pas souffrir autant que je l'avais craint. Je n'étais pas dernier et je savais que je pouvais me raccrocher à ceux qui me rattraperaient en cas de défaillance de ma part. Je me suis arrêté, j'ai réfléchi, je me suis ravitaillé, j'ai un peu hésité et au bout de 10' je suis reparti en me fixant le prochain poste de ravitaillement comme objectif (km 40,7). La raison aurait pu me dire que j'étais en train de commettre une grosse erreur, mais j'avais trop envie, j'avais tellement besoin de prolonger la fête que ça a été plus fort que moi.

 

J'ai été dépassé par une dizaine de coureurs au ravitaillement N°1 pendant que j'hésitais, et je l'ai un peu regretté car je me suis retrouvé vite fait tout seul sur la route et incapable de faire la jonction avec ceux qui me précédaient mais je n'avais pas trop de douleur. Les moments les plus douloureux étaient quand je devais me remettre à courir suite à un arrêt ou à une période de marche et je mettais parfois 3 ou 4 minutes avant de retrouver une foulée un peu moins douloureuse. J'avais presque réussi à rattraper Gérard Denis (il était à 200m devant) quand j'ai commencé à avoir à nouveau plus mal que le matin et à partir du km 32 (passé en 4h05') je me suis fixé le ravitaillement N°2 comme réel point final à ma journée de course. 40,7km en 5h20', ça allait pour une reprise de l'ultra, surtout ajoutés aux 22,2 km de la veille, mais il me manquait les 1500m pour faire la distance du marathon : j'ai donc décidé de faire les 1500 derniers mètres avec tous les autres coureurs quand tout le monde serait arrivé là.


C'était prévu de tous s'attendre devant chez Gérard et Nicole et de faire le tour jusqu'à la Pointe de Mousterlin pour une arrivée collective : on aurait dit une manifestation devant les yeux médusés des touristes. Les voisins et amis de Grérard, les copains de son club, ses amis de l'ultra, tout le monde s'est joint au cortège en courant et en chantant. La fête quoi !


Le club de Gérard a offert à toutes les personnes présentes (coureurs, accopagnateurs...) un pot de l'amitié au bar du camping, cela nous a tous fait très plaisir et on voit à quel point Gérard et son groupe de coureurs forment une belle et grande famille, comme celle de l'ultra.


Le soir, nous avons passé la soirée chez Gérard : nous avons installé notre tente de camping dans son jardin et nous avons bien festoyé (bières, grillades, glaces, champagne...) et beaucoup parlé ... mais de quoi au fait ?


D'ultra bien sûr !


à+Fab****

Hier soir, dimanche, j'ai voulu faire un petit tour en courant d'environ 5km, après être allé me promener en marchant tranquillement dans l'après-midi pendant 1h (4,5km). Mais ce footing s'est vite avéré être très pénible. Des douleurs aux mêmes endroits que la veille et l'avant-veille, aucun plaisir, que des souffrances, alors j'ai décidé de faire demi-tour au bout d'un quart d'heure de labeur et de rentrer.
Au total, j'ai fait 4km pour 34', avec une FC moyenne de 121 (maxi 136).

Ce matin, je suis retourné voir le médecin, c'était prévu pour faire un renouvellement d'ordonnance de soins pour mon doigt, et je lui ai demandé conseil sur ces douleurs récalcitrantes et persistantes au niveau du bassin. Après discussion, il m'a orienté vers le cabinet du radiologue où je vais aller passer des radios du bassin demain matin. Il m'a aussi prescrit des anti-inflammatoires pour résorber le mal (il s'agirait d'une cruralgie) ainsi qu'un médicament pour m'aider à dormir sans être sans cesse réveillé par les douleurs aux adducteurs ou au pubis qui se déclenchent dès que je change de position pour dormir.

Pas question donc de retourner courir avant quelques jours (semaines ?) et avant un diagnostic plus précis de ce dont je souffre. Il faut éviter de ressentir les douleurs donc faire le moins de mouvements parasites possible.

La durée de cette nouvelle coupure n'est pas définie. J'espère qu'après guérison, que j'espère rapide, je pourrai reprendre la course et petit à petit gravir tous les échelons pour retrouver mon niveau de pratique d'avant.

à+Fab****

Hier après-midi, samedi, j'ai rechaussé les runnings pour effectuer une nouvelle petite sortie et faire le point sur les séquelles de celle de la veille qui avait été très difficile au niveau des douleurs ressenties ainsi qu'au niveau du grand manque de sensations.

Donc hier, je suis parti sur le même parcours au début, en trottinant dès le départ. Après 3' je me suis mis à marcher. Ces trois premières minutes ont été bien assez longues pour me rendre compte qu'il y avait du mieux mais qu'il allait falloir compter encore avec les douleurs. Celles aux adducteurs semblaient avoir disparu, alors qu'elles me gênent fortement quand je suis en position couchée, mais celles au niveau du bassin et du haut du quadriceps de la jambe gauche se sont amplifiées.

Il allait donc falloir que je serre les dents pendant ce footing que j'espérais faire durer au moins trois-quarts d'heure.

Premier temps de passage encourageant de 10'30" (pour 1250m) soit une minute de moins qu'hier, avec alternance de 3' de course pour 1' de marche.

La suite de la sortie me fit changer d'itinéraire afin d'éviter de croiser trop de monde qui se serait demandé "qui était ce grand gars boîteux qui s'acharnait à essayer de courir alors qu'il serait allé aussi vite en marchant". J'enfilais les 3 kilomètres suivants en 8'45/8'35, toujours en prenant 1' pour marcher, mais après des périodes de 5' de trot. La pénibilité de l'effort ne me donnait aucun plaisir sinon celui de me dire que j'étais en train de me dépenser, de transpirer et que ça ne pouvait pas me faire de mal que de rester inactif à la maison au risque de reprendre trop de poids, celui des sédentaires.

Au niveau cardiaque, je tournais entre 120 et 135 en course et entre 90 et 115 en marche.

Le dernier kilomètre m'a laissé beaucoup d'espoir car couru à la vitesse exceptionnelle de 8km/h (plus exactement le km fut effectué en 7'33") et au niveau des douleurs il m'a semblé qu'elles avaient diminué.

Au total, j'ai couru 44' à peine pour 5,2km.
Le soir, pas de courbatures, juste cette satanée boîterie due à mon bassin "mal calé". La nuit par contre mes adducteurs m'ont bien pourri le sommeil et c'est un truc que je n'arrive pas à comprendre : pourquoi me font-ils si mal quand je suis allongé alors que je ne les sens pas douloureux quand je suis debout ou assis ? Pour me lever, c'est un exercice très douloureux car le mal irradie toute la région des adducteurs jusqu'au pubis (la symphise pubienne).

Aujourd'hui, en fin d'après-midi, j'irai sans doute courir un peu afin de recueillir de nouvelles sensations qui j'espère seront pas trop mauvaises.

C'est un long travail de rééducation qui se poursuit. J'ai appris la patience sur les longues routes de Suède, je la récite sur les petits chemins de mon quartier.

à+Fab****

Hier vendredi, en fin d'après-midi, quand la chaleur de cette journée d'été semblait diminuer, j'ai enfilé ma tenue de footing (short, t-shirt, Nirvana 4, une bouteille d'eau attachée à ma main valide, casquette et lunettes de soleil, foulard pour mon bras) et suis parti faire un tour dans mon quartier pour rejoindre les chemins ombragés où j'adore faire mes petits footings de récupération.

J'ai commencé en marchant, histoire de faire le point sur ce que je ressentais : quelques douleurs légères et une petite boîterie résiduelle. J'étais sur du bitume, sur les trottoirs et dans les rues avoisinantes, et je ne voulais par démarrer tout de suite par la course. De plus, j'étais dans l'inconnue la plus totale : allais-je réussir à enchaîner deux foulées de suite ? N'allais-je pas avoir des étourdissements ? J'avais déjà essayé de courir un soir il y a une huitaine de jours en allant me promener et j'avais dû me rendre à l'évidence : reprise trop précoce.

Au bout de 5' de marche, j'ai commencé à trottiner. J'étais dans une ruelle déserte, on ne pourrait pas me voir (re)commencer à courir. Il m'a semblé que je courais sur des chamallows, les jambes étaient sans ressort, la tête me tournait un peu, je devais être à moins de 7km/h ! Les douleurs aux adducteurs étaient encore là et j'avais l'impression qu'elles augmentaient tandis que le bassin et les muscles périphériques eux-aussi s'y mettaient.

Quelle allure je devais avoir ! Je décidais d'essayer de courir quelques minutes puis de marcher et de recommencer. Je me suis fixé des portions de 3' de trot laborieux entrecoupés de périodes de marche de 2'.

D'habitude, sur ce parcours, j'atteins le point de repère N°1 en 7'30" (pour 1250m) pour m'échauffer, et là, j'y suis arrivé en 11'30". Ma fréquence cardiaque oscillait entre 90 (en marchant) et 132 (en courant), ce qui m'a paru assez normal vu le manque d'entraînement et les séquelles de mon hospitalisation depuis le 12 juin. Le second point de repère fut atteint 11' plus tard (pour 1150m au lieu de 6'30" en temps "normal"), avec une FC légèrement plus élevée (moyenne 115, maximale 138). J'aurais pu être découragé, mais j'ai dû me faire violence pour continuer l'alternance marche-course.

A ce moment j'ai décidé de faire demi-tour et de rentrer à la maison de la même façon : 3' de course/2' de marche. Sans aller plus vite qu'à l'aller, sans monter plus haut en fréquence cardiaque, je suis arrivé chez moi avec une belle sortie de 45' au total, pour ... 4,8km. Du 6,4km/h ! Mais j'étais content, j'avais débloqué mon compteur et gravi la première marche de ma reprise de  la course à pied, ma passion.

Mon doigt m'a un peu gêné par moment, j'avais mis autour du cou un foulard pour reposer mon bras droit. Il y avait bien quelques "lancements" et picotements dans mon majeur blessé mais sans grande douleur, juste un peu gênants.

J'avais pris 50cl d'eau pure que j'ai bue pendant ma sortie; il faisait quand même un peu chaud (25°) malgré l'ombre.

Ce matin, au réveil, j'avais mal aux adducteurs, mais pas plus que depuis deux semaines : c'est une douleur qui est apparue après la TransEurope, sans doute liée au relâchement de mon organisme à la suite de la brutale coupure que j'ai dû observer. Je suis ausi allé deux fois chez mon ostéopathe qui m'a manipulé et cela a aussi joué sur l'équilibre général de mon squelette et généré de nouvelles tensions, à d'autres endroits que les précédentes. En revanche, je n'ai pas de courbatures de ma sortie d'hier, sauf peut-être au niveau du bras et de l'épaule.

Prochaine sortie prévue : aujourd'hui, en fin d'après-midi, à moins que je ne la reporte à demain matin, dimanche.

à suivre...

à+Fab****

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